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Mon deuxième trimestre de grossesse

Alors que j’écris ces mots, je me dirige déjà vers la fin de cette aventure. Je prends le temps aujourd’hui de poser mes émotions et mes ressentis sur le papier. Cette aventure qu’est la grossesse est incroyable et évolue si vite. Les maux des premiers mois ont fait place à une réalité incroyable: il y a un bébé qui grandit dans mon ventre. Un être humain en formation. Encore aujourd’hui cela me laisse bien souvent sans voix. Voici en toute franchise comment j’ai vécu mon deuxième trimestre de grossesse.

Affronter la réalité

Ce deuxième trimestre a été un véritable chamboulement. Après l’excitation de la révélation à nos proches, nous avons dû redescendre très vite de notre petit nuage suite à un incident familial grave. Toute notre attention s’est recentrée sur le papa de mon mari et notre bulle de bonheur a été quelque peu mise entre parenthèse. Ma grossesse s’est poursuivie très silencieusement et discrètement, mon ventre tardant à pointer le bout de son nez. J’ai ressenti très tôt (vers la 14ème semaine d’aménorrhée) les petits mouvements de notre petit garçon, comme des bulles de savon, ou des petits tapotement du  bout des doigts dans mon ventre. Ces mois n’ont pas été évidents pour moi. A la joie de fonder une famille s’est mêlée une immense tristesse, une grande impression de solitude dans cette aventure, de la peur et ce sentiment d’incompréhension. Comment autant de malheur peut jouxter autant de bonheur? Pourquoi maintenant? J’ai essayé de me recentrer sur moi et mon petit être qui grandissait mais cette histoire est l’histoire de notre famille, c’est une histoire à 3 et voir mon mari souffrir a été très difficile…  Si bien que j’ai surement mis ma grossesse un poil en sourdine. J’ai continué à vivre. Sans rien dire. A faire du sport. A garder ma routine. A être forte pour eux. Jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où je suis montée à Paris faire ma formation de Yoga prénatal à l’institut de Gasquet. J’avais réservé cette formation début septembre, avant même de tomber enceinte, ni de savoir que nous aurions un enfant qui s’inviterait dans nos vies. Le destin fait parfois si bien les choses! J’ai rencontré une sage femme extraordinaire, d’une douceur, d’une gentillesse et d’une compétence sans égal. Merci Corinne pour tes enseignements, pour ton écoute et ta douceur. En quelques instants à peine, elle a tout compris. Elle m’a regardé et dit « tu n’es plus seule maintenant et tu as besoin qu’on s’occupe de toi ». Quel choc d’entendre ces mots. J’ai tellement appris pendant cette semaine: sur mon corps, sur les changements que j’éprouvais, sur la beauté et la puissance des femmes qu’elles soient mères ou pas. Au fond de moi j’ai toujours eu ce désir profond d’accompagner les femmes et je me suis rendue compte pendant ces quelques jours que c’était moi qui avait besoin d’être accompagnée. C’était moi qui avait besoin d’ouvrir mon coeur. C’était à mon tour. J’ai réalisé que je portais la vie. J’ai beaucoup pleuré. Beaucoup beaucoup pleuré. Il y avait un bébé qui était là juste sous mes mains et qui me donnait déjà tant d’amour. En une semaine, mon ventre quasi invisible s’était arrondi tout joliment. J’étais prête à lui faire de la place dans ma vie. A construire notre relation.

M’ouvrir aux autres et créer notre nid

A mon retour de Paris, j’ai parlé de mes doutes à mes amies, mes élèves, aux femmes autour de moi. Je suis sortie de ma coquille. Puis j’ai décidé qu’il était temps de me faire accompagner par des professionnels dédiés à cet univers si spécifique de la maternité. J’ai cherché une sage femme pour commencer notre accompagnement à la naissance, une accompagnatrice psychologue et une ostéopathe. Il était temps de me reconnecter avec mon corps et mon esprit. Et tout s’est mis en place si naturellement. J’ai ressenti tellement de bienveillance.

Je me suis occupée de nous. J’ai commencé à masser mon ventre, à prendre soin de ma peau. Je suis aussi allée me faire masser puis j’ai complètement changé ma routine sportive. D’une routine très intense, je suis passée à quelque chose de plus doux, car c’était ce dont mon corps avait besoin et je décidais enfin de l’écouter. J’ai arrêté l’Aquabike et le Yoga Ashtanga pour pratiquer un yoga plus lent de type Hatha et ai commencé à aller à la piscine toutes les semaines avec ma maman. Un moment que j’adore tout particulièrement. Cela me fait un bien fou de nager et de partager ce moment ainsi que mes doutes et mon parcours avec elle. Elle m’encourage toujours et me rassure dans ce chemin. Je me suis aussi remise à méditer tous les jours (grâce à l’application Petit Bambou dont je vous parlerai très bientôt).

J’ai créé des routines autour de bébé, de moi et mon mari. Nous avons essayé de retrouver un équilibre dans un quotidien bouleversé et commencé à créer notre histoire à 3. Nous avons commencé les travaux que nous voulions entreprendre chez nous, refait toute notre chambre et créé un joli dressing pour pouvoir débarrasser la chambre du futur bébé (qui était jusqu’à présent une chambre d’ami / dressing / entrepôt d’affaires en tous genre). Nous avons acheté son lit de bébé, créé quelques éléments de décoration dans sa chambre. Tout cela à notre rythme mais à la fin du deuxième trimestre notre cocon a vraiment pris forme et nous nous y sentons tellement bien!

L’évolution des petits maux

Un beau matin vers la 16ème semaine d’aménorrhée, les nausées s’estompent puis disparaissent très vite. Et du jour au lendemain, ce désagrément n’est plus qu’un lointain souvenir. Mais le deuxième trimestre a son lot de petits bobos. J’ai eu beaucoup de chance car ma grossesse s’est toujours bien déroulée physiquement et ces petits bobos sont vraiment minimes. Il y a eu la sciatique qui m’a bloquée une bonne semaine (merci à mon ostéopathe Julie qui m’a débloquée le bassin plusieurs fois), puis les remontées acides et vomissements et enfin le diabète gestationnel. Ah, ce diabète gestationnel… A ce jour je ne sais toujours pas si j’en développe ou pas car mon corps a très violemment refusé de se soumettre au test du sucre réalisé pendant le second trimestre de grossesse. J’ai dû mettre en place une routine alimentaire très stricte pendant plusieurs semaines, faire très attention à mon alimentation et ralentir l’ingestion de sucres (lents et rapides, naturels et raffinés). Une petite galère que j’ai un peu relâché et laissé de côté dans mon dernier trimestre pour ne pas créer trop de frustrations.

Pour moi, le plus grand « mal » de ce deuxième trimestre est probablement ma relation avec mon corps. J’ai vite eu cette impression de perdre le contrôle face à la montée des chiffres sur la balance. Autant je n’avais pris que très peu de poids pendant mon premier trimestre, autant le deuxième a été une montée vertigineuse. J’ai repassé des « caps » que je m’étais promis de ne plus jamais atteindre de ma vie (bon certes, je suis enceinte cette fois ci^^). Mon corps s’est rapidement mis à stocker mes petits excès sucrés. Bien qu’occasionnels, je me suis culpabilisée de céder à certaines de mes envies et ait oscillé entre frustration et lâcher prise alimentaire. J’ai vite senti mon corps s’arrondir: mes bras, mes cuisses, mes fesses perdre en fermeté et mon corps tout entier perdre en force. Cela n’a vraiment pas été facile et à ce jour me regarder dans le miroir est encore bien souvent compliqué. Et puis il y a toujours cette question « mais combien de kilos as-tu pris? » qui m’a obsédée et rendue dingue… Les femmes devraient apprendre à être plus bienveillantes parfois les unes envers les autres. J’ai toujours eu beaucoup de mal à parler de mon poids, alors enceinte c’est encore pire… Et devoir annoncer tout haut le nombre de kilos que j’ai pris me serre le coeur et donne envie de vomir à chaque fois. Je me sens jugée même si je sais au fond de moi que cela part souvent d’un bon sentiment pour me rassurer.

A l’heure où j’écris ces mots j’ai pris du recul. Je prends soin de moi et malheureusement je fais partie de ces femmes généreuses dont le corps s’arrondit vite. Je fais partie de ces femmes qui ont trop fait le yoyo avec leur corps dans le passé et qui en payent rapidement le prix dès qu’elles relâchent leur attention. Je n’ai pas le meilleur des métabolismes mais j’essaie de rester bienveillante. Après tout, je suis en train de créer une vie, et cela n’a pas de prix.

Et le Yoga

Vous l’aurez compris, le Yoga a encore une fois été ma toile de fond. Je répète souvent que notre pratique est différente chaque jour et qu’il faut savoir écouter son corps pour lui fournir ce dont il a besoin. Cela a été plus vrai que jamais pendant ce deuxième trimestre de grossesse. Mon corps en plein chamboulement a eu besoin de ré assurance, de coocooning, de pratiques restauratives, d’étirements, de travail sur la respiration. J’ai l’impression d’avoir ré appris à respirer. Je suis une élève avant tout et je sens déjà que cette aventure a profondément bouleversé l’élève et l’enseignante que je suis…

 

 

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